Séquestré et torturé pendant plus de 20 ans par sa belle-mère, il ne pèse que 31 kilos à 32 ans
Présentée devant le juge, la belle-mère nie les faits d’agression, de séquestration et les actes de cruauté qui lui sont reprochés.

Le calvaire d’un trentenaire du Connecticut
À 32 ans, il ne pèse que 31 kilos. Une description succincte qui donne tout de même le ton dans cette affaire sordide. Quelques semaines en arrière, les pompiers sont appelés pour éteindre le feu qui ravage une maison du Connecticut (États-Unis). À l’extérieur, ils tombent nez à nez avec la propriétaire qui leur signale la présence de son beau-fils, pris au piège dans les flammes.
Extirpé du brasier in extremis, il confie aux pompiers qu’il a mis le feu pour sauver sa peau. « Je voulais ma liberté », confiera-t-il ensuite aux forces de l’ordre. Derrière les murs de cette petite maison à l’apparence tranquille, le trentenaire vivait un calvaire quotidien.
Enfermé dans une petite pièce 22 heures sur 24, il était rationné en eau et en nourriture. Il ne pouvait quitter sa cellule que pour effectuer les corvées et sortir le chien dans le jardin. Un rituel qui durait moins d’une minute. Chaque jour, sa belle-mère Kimberley Sullivan lui apporte deux sandwichs ainsi que deux petites bouteilles d’eau qu’il est autorisé à remplir avec l’eau des toilettes. Il utilisait ces mêmes bouteilles pour faire ses besoins et était obligé de dormir dans un placard.
Des souffrances « déchirantes » et « inimaginables » infligées par sa belle-mère
Bouleversés par le récit de cet homme, les enquêteurs se mettent au travail. C’est ainsi qu’ils découvrent une pièce munie d’une porte présentant de nombreux verrous. Une description qui correspond précisément à celle de la victime. Soulagé d’être enfin libéré de sa prison, celle-ci confie qu’elle est sous l’emprise de la quinquagénaire depuis ses 11 ans. Une histoire qui fait froid dans le dos…
Lors de la conférence de presse, la police précise que le trentenaire n’a bénéficié d’aucun soin médical et dentaire en vingt ans. « Des faits dignes d’un film d’horreur« , commente Don Therkildsen, procureur adjoint en chef. « Les souffrances endurées par cette victime pendant plus de 20 ans sont à la fois déchirantes et inimaginables », commente pour sa part le chef de la police de Waterbury, Fernando Spagnolo.
Arrêtée le 12 mars dernier, la belle-mère nie les faits qui lui sont reprochés. « Il s’agit d’allégations d’une seule personne qui ne sont largement pas corroborées par des preuves indépendantes », assure son avocat face aux caméras. Bien décidé à innocenter sa cliente, il poursuit : « A-t-il des problèmes de santé ? Je n’en doute pas. Mais elle est la belle-mère, il y avait un père biologique qui était responsable de ses soins, qui dictait ses soins ». Le père de la victime est décédé l’année dernière. En attendant son jugement, la caution de Kimberly Sullivan a été fixée à 300 000 dollars.
@ni_liaa