Mort d’Émile : Le prêtre qui a baptisé le petit garçon a mis fin à ses jours

Les rebondissements s’enchaînent et l’enquête s’accélère dans l’affaire Émile. Après de nouvelles investigations et les mises en examen de plusieurs membres de la famille, une autre nouvelle vient de tomber. Le prêtre qui a baptisé le petit garçon a récemment mis fin à ses jours. Découvrez tout ce que l’on sait à ce sujet.

Sa disparition dans la maison de ses grands-parents
Pour comprendre ce qu’il se passe dans cette affaire, revenons au moment de la disparition d’Émile. C’est le 8 juillet 2023 que l’affaire Émile débute. C’est ce jour-ci que le garçon âgé de deux ans et demi disparait dans la commune du Vernet, dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Le jeune garçon venait d’arriver en vacances dans la maison secondaire de ses grand-parents maternels, Philippe et Anne Vedovini. Émile n’était pas seul avec ses grands-parents dans cette maison puisque le couple accueillait aussi huit de leurs enfants. Malgré la présence de nombreux adultes, quelques minutes d’inattention auraient suffi pour que l’enfant disparaisse vers 17h. Émile est aperçu par deux voisins à 17 h 15.
La gendarmerie est alertée vers 18h. Une enquête avec un appel à témoins débute le lendemain, sans succès. Durant les premiers jours, de nombreux moyens seront mis en œuvre : battues, fouille de toutes les maisons, audition de tous les habitants… D’importants dispositifs qui ne paieront pas.

À partir de mi-juillet, des investigations plus poussées ont lieu. Les enquêteurs se lancent dans un précieux travail d’analyse de données. Les données téléphoniques de toutes les personnes ayant borné près du lieu de la disparition sont décortiquées. Le 25 juillet, des équipes cynophiles spécialisées dans la détection de restes humains et des drones sont déployés.
La cause de la mort toujours inconnue
L’espoir de retrouver Émile vivant a pris fin le 30 mars 2024 lorsqu’une randonneuse découvre un crâne et des dents à moins de deux kilomètres du hameau où l’enfant avait disparu. Les enquêteurs découvrent ensuite des vêtements et de nouveaux ossements.

« Les analyses d’identification génétique ont permis de conclure qu’il s’agissait des ossements de l’enfant Émile Soleil », indique alors le procureur d’Aix-en-Provence. Malgré la découverte des ossements, la cause du décès de l’enfant n’est pas connue.
Toutes les hypothèses sont alors possibles : chute, homicide involontaire et meurtre. Plusieurs analyses ont été effectuées permettant d’affirmer qu’il n’y avait pas de traumatisme ante mortem. Le crâne présentait en revanche des petites fractures et fissures post mortem et des traces de morsures, certainement causées par des animaux.

Après plusieurs mois d’analyses, les ossements d’Émile ont pu être remis à la famille. Les obsèques du petit garçon ont ainsi eu lieu le 8 février 2025 à la basilique de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, en présence de toute la famille.
Alors que l’on pensait l’enquête au point mort, de nouvelles investigations ont eu lieu récemment, faisant accélérer l’enquête.

Plusieurs rebondissements récents dans l’affaire Émile
Les recherches ont repris le 18 mars dernier après un témoignage anonyme qui a guidé les enquêteurs vers la chapelle du Haut-Vernet. Plusieurs auditions ont eu lieu et une jardinière a été saisie, sur laquelle des traces de sang ont été trouvées.
Des analyses seraient en cours à l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) à Pontoise pour tenter de découvrir si l’origine du sang est humaine ou animale.
Ce mardi 25 mars, l’affaire a connu un autre rebondissement important avec le placement en garde à vue pour « homicide volontaire » et « recel de cadavre » de quatre personnes, dont les grands-parents d’Émile. Les deux autres personnes sont deux des enfants majeurs des grands-parents. Mais l’identité exacte des oncles ou tantes du petit garçon n’est pas connue.

L’avocate des grands-parents, Me Isabelle Colombani, a confirmé à l’AFP leur placement en garde à vue tout en précisant qu’elle n’avait « aucun commentaire à faire ».
Une perquisition de près de quatre heures a eu lieu au domicile des grands-parents d’Émile. Un van servant pour les cheveux a été saisi par les enquêteurs ainsi que la voiture 4×4 du grand-père.
« Ces placements en garde à vue s’inscrivent dans une phase de vérifications et de confrontations des éléments et informations recueillis lors des investigations réalisées ces derniers mois », a précisé le procureur d’Aix-en-Provence.

Que sait-on des grands-parents d’Émile ?
Mais que sait-on vraiment des grands-parents du petit garçon qui sont actuellement en garde à vue ? Anne et Philippe Vedovini résident à La Bouilladisse, près d’Aix-en-Provence. Âgé de 58 ans, le grand-père du garçon est ostéopathe et exerce depuis 1989. Le couple a dix enfants, dont l’aînée, Marie Vedovini, qui est la mère d’Émile. Marie et Colomban, son époux, ont deux autres enfants, Alaïs, 3 ans et un garçon né après la disparition d’Émile.
Le père d’Émile est membre du mouvement catholique Chrétienté-Solidarité. Un mouvement qui se décrit comme défendant « les valeurs menacées de la civilisation chrétienne et de l’identité française ».

Les grands-parents d’Émile vivent encore avec plusieurs de leurs enfants, certains étant à peine majeurs. La famille du petit garçon est très croyante. En juillet 2023, la maire de La Bouilladisse décrit une famille « très croyante, très discrète, qui vivait un peu en autarcie ».
Le profil du grand-père a beaucoup intrigué les enquêteurs. Il est en effet cité dans une affaire de violences sur mineurs survenus dans les années 90 dans la communauté religieuse de Riaumont, un pensionnat de garçons dans le Pas-de-Calais, alors qu’il était encadrant.

Philippe Vedovini est décrit comme un homme autoritaire. « Je passe pour un dominateur qui terrorise tout le monde[…] Tout cela est faux, mais je m’en moque. La presse nous fait du mal, mais les gens autour de nous sont vraiment extraordinaires ! La preuve que Dieu existe, c’est la bonté qui nous est témoignée chaque jour », a réagi le grand-père en septembre 2024.
Anne et Philippe Vedovini se rendaient fréquemment à la chapelle du Haut-Vernet. Une chapelle qui n’était utilisée que par eux, ce qui pourrait expliquer les récentes investigations dans ce lieu.
Par ailleurs, depuis le drame, des tensions familiales seraient nées. Des écoutes téléphoniques, mises en place par les enquêteurs, ont révélé l’existence de fortes tensions entre les parents et les grands-parents d’Émile.


La famille du petit garçon en conflit avec le prêtre
En parallèle, une autre information a été dévoilée par Paris Match, nous apprenant le su*cide du prêtre qui a baptisé le petit Émile.
Le prêtre qui a baptisé Émile Soleil, a mis fin à ses jours le 15 mars dernier et ses obsèques ont eu lieu ce lundi 24 mars. Claude Gilliot, qui était également islamologue et professeur émérite de l’Université d’Aix-Marseille, a laissé une lettre derrière lui. « Prévenez ma sœur. Dites-lui que je l’aime, mon beau-frère, je les aime », a-t-il écrit.
Le père Claude Gilliot était très proche des grands-parents et des parents d’Émile. Mais le lien s’est rompu lorsque le prêtre a fourni des photos du petit garçon à la presse. La famille de l’enfant aurait alors « tout fait pour exclure le prêtre » et a « boycotté la chapelle ».

Des insultes auraient été échangées entre le grand-père du garçon de deux ans et demi et le prêtre. « J’en veux énormément à la famille du petit Émile, parce que je pense que tout est parti de chez eux », a confié Claudine Vandenbroucke, la sœur de Claude Gilliot.