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Une actrice kidnappée lors d’un voyage, le témoignage glaçant

Publié par Fanny Jacob le 24 Mar 2025 à 20:41
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Une actrice connue dans American Pie aurait été « kidnappée » et retenue contre sa volonté durant deux semaines alors qu’elle était partie en voyage. Elle s’exprime enfin, après son calvaire, dans un témoignage bouleversant. Nous vous le repartageons ici.

femme kidnappee

Une insécurité grandissante en France

En France, en 2024, le nombre de cambriolages a augmenté dans le pays. Parmi les victimes, des célébrités comme Vitaa ou encore comme Sylvie Tellier.

Mais, ce n’est pas tout. D’après le ministère de l’Intérieur, les vols d’accessoires sur véhicules ont augmenté de 4 %, les infractions liées aux stupéfiants ont aussi augmenté avec 10 % pour l’usage et 6 % en plus pour le trafic.

Les coups et blessures volontaires sur personne de 15 ans augmentent aussi de 1 % en 2024 et de 7 % en 2023. Quant aux violences s*xuelles, elles ont augmenté de 7 %, pareil pour les v*ols ou tentatives (9 % en plus). Et, de leur côté, les tentatives d’h*micide ont aussi augmenté de 7 %.

L’insécurité est encore plus présente chez les femmes. « En 2021, 14 % des femmes de 14 ans ou plus déclarent se sentir de temps en temps ou souvent en insécurité dans leur quartier ou leur village, et 9 % à leur domicile », explique l’INSEE.

De très nombreuses disparitions en hexagone

Mais, à côté de cela, nous observons également une hausse des personnes disparues. « Chaque année, plus de 70 000 personnes disparaissent en France, dont 50 000 mineurs », peut-on lire ici.

Plus précisément, il y aurait entre 50 000 et 70 000 disparitions chaque année dans le pays, avec 80 % de mineurs disparus, 20 % sont donc des adultes.

Parmi les disparus, certains sont retrouvés sans vie, d’autres ne sont jamais retrouvés, et d’autres sont retrouvés vivants, heureusement. Parmi les vivants, et ceux qui ont eu moins de chances, certains ont été kidnappés et ont été séquestrés par des personnes malveillantes.

La séquestration désigne quand « une personne est enfermée contre son gré en dehors de toute autorité légale en usant de violence, de ruse ou de la menace », nous renseigne notre ami Wikipédia.

femme en prison

L’actrice Jasmine Mooney retenue contre son grè durant deux semaines

Et pour cette actrice, c’est justement ce qu’elle a vécu : une forme de séquestration et d’injustice. Jasmine Mooney, actrice qui a joué un rôle secondaire dans American Pie, a été victime d’une terrible injustice alors qu’elle voyageait à l’étranger.

Elle a publié son témoignage dans Medium, nous voulions vous le partager car cela peut arriver à beaucoup d’autres personnes.

Dans son article, qu’elle a relayé sur son compte Instagram, Jasmine Mooney explique qu’elle est née au Canada et qu’elle a commencé à travailler lorsqu’elle avait 12 ans. Actrice, propriétaire de bars et restaurants, elle s’est faite seule, mais a décidé de tout plaquer pour se lancer dans le bien-être.

Jasmine Mooney

Elle voulait rendre service aux gens et aider les autres. Jasmine s’est donc reconvertie et a été approchée par une marque américaine, Holy! Water, qui lui aurait proposé une opportunité de travail.

Pour travailler aux USA, elle aurait obtenu son visa de travail pour le Tennessee. Elle l’a eu à la seconde tentative, après un problème administratif. Après cela, elle a rejoint la Californie pour travailler.

Jasmine Mooney dans American Pie
Jasmine Mooney dans American Pie

Un problème de visa qui va lui coûter cher

« J’ai fait plusieurs allers-retours entre le Canada et les États-Unis avec mon visa sans problème, jusqu’au jour où, alors que je revenais travailler aux États-Unis depuis le Canada, un agent des services frontaliers a commencé à m’interroger sur mon refus initial de visa, puis sur son approbation », explique-t-elle.

L’homme lui aurait demandé pourquoi elle se serait rendu à la frontière de San Diego. « Je lui ai expliqué qu’il s’agissait d’un problème administratif mineur et que j’étais allé à San Diego parce que c’était là que mon avocat était basé. Il voulait m’accompagner pour s’assurer qu’il n’y avait pas de problème », lit-on.

actrice kidnappee Jasmine Mooney

« L’agent m’a dit que cela semblait « louche » et que mon visa n’avait pas été traité correctement. Après un long interrogatoire, il a prétendu qu’il y avait également une anomalie concernant l’un des ingrédients de la boisson (de la marque pour laquelle elle travail, ndlr), le chanvre, et a révoqué mon visa », lit-on.

L’homme lui aurait dit qu’il fallait donc refaire une demande de visa pour pouvoir travailler en Californie. « J’étais dévastée. […] Je suis restée au Canada les mois suivants. Finalement, on m’a proposé un poste similaire dans une autre marque de santé […] et j’ai dû refaire une demande de visa« , ajoute-t-elle.

Jasmine Mooney photo

« Tu n’es pas une criminelle »

« Je suis retourné au même bureau d’immigration à la frontière de San Diego, car ils avaient déjà traité mon visa et je le connaissais bien », explique alors Jasmine.

« Après des heures passées au bureau d’immigration, avec des avis très confus sur mon dossier, l’agent que j’ai rencontré s’est montré aimable, mais m’a dit qu’en raison de mes problèmes précédents, je devais demander mon visa par l’intermédiaire du consulat », déclare la jeune femme.

actrice Jasmine Mooney american pie

Jasmine s’est excusé et l’agente aurait répondu ceci : « Tu n’as rien fait de mal, tu n’as pas d’ennuis, tu n’es pas une criminelle« . Mais, les problèmes ont commencé.

« Elle m’a alors annoncé qu’ils devaient me renvoyer au Canada. Cela ne me préoccupait pas ; je pensais simplement réserver un vol pour rentrer chez moi. Mais alors que j’étais assis à chercher des billets d’avion, un homme s’est soudain approché de moi », explique Jasmine.

story Jasmine Mooney

Témoignage : « Il m’ordonna de les mettre contre le mur »

« Viens avec moi », aurait dit cet homme. « Il n’y eut aucune explication, aucun avertissement. Il me conduisit dans une pièce, me prit mes affaires et m’ordonna de les mettre contre le mur », assure la jeune femme dans le témoignage.

« Une femme commença aussitôt à me fouiller. Les ordres fusèrent, les uns après les autres, trop rapides pour être compris », peut-on lire dans son témoignage.

On lui annonce alors qu’elle est une détenue. Jasmine ne comprenait pas ce qu’il se passait et elle resta dans cette incompréhension durant deux semaines.

Immigration and Customs Enforcement

Sur place, on lui a alors fait passer des tests médicaux et on lui a donné une couverture en aluminium. « On m’a emmenée dans une minuscule cellule en ciment glacial, éclairée au néon et équipée de toilettes », explique Jasmine.

« Cinq autres femmes étaient allongées sur leurs matelas, enveloppées dans des bâches en aluminium comme des cadavres. Le gardien a verrouillé la porte derrière moi », révèle-t-elle.

Jasmine Mooney temoignage ice

« Les lumières ne s’éteignaient jamais »

« Pendant deux jours, nous sommes restés dans cette cellule, ne sortant que brièvement pour manger. Les lumières ne s’éteignaient jamais, nous ne savions jamais l’heure qu’il était et personne ne répondait à nos questions », lit-on alors.

« Personne ne parlait anglais, alors j’essayais de dormir ou de méditer pour éviter de m’effondrer. Je n’avais pas confiance en la nourriture, alors j’ai jeûné, pensant que je n’y resterais pas longtemps », explique Jasmine chez Medium.

Quelques jours après, elle a finalement été transférée dans une véritable prison. « On m’a demandé de prendre une douche, on m’a donné un uniforme de prisonnier, on m’a pris mes empreintes digitales et on m’a interrogé. Lors d’un de ces entretiens, j’ai demandé des informations », écrit-elle.

ice detention

Elle a demandé combien de temps elle y resterait, mais personne ne savait lui répondre. Un homme lui a même dit de se préparer mentalement pour y rester des mois.

« J’ai ensuite été placé dans une vraie unité pénitentiaire : deux niveaux de cellules entourant un espace commun, comme dans les films. J’étais seule dans une minuscule cellule avec un lit superposé et des toilettes », témoigne-t-elle.

temoignage Jasmine Mooney

« Notre unité comptait environ 140 femmes. Nombre d’entre elles vivaient et travaillaient légalement aux États-Unis depuis des années, mais avaient dépassé la durée de validité de leur visa », assure la jeune femme. Selon elle, aucune n’avait de casier judiciaire.

« Toutes ces femmes ont été détenues pendant des périodes allant de quelques semaines à dix mois », peut-on aussi lire dans ce témoignage.

ice temoignage Jasmine Mooney

Un témoignage glaçant : « Nous étions attachés par des chaînes »

Par la suite, elle a de nouveau été transférée. « Une cinquantaine d’entre nous furent entassés dans un bus pénitentiaire pendant les cinq heures suivantes », explique-t-elle.

« Nous étions attachés par des chaînes qui nous entouraient la taille, les mains menottées, attachées au corps et les pieds entravés par des fers, transformant chaque mouvement en une lutte lente et rauque », lit-on aussi.

De nouveau enfermée, les conditions étaient encore pires. « Si les repas de la première prison semblaient périmés, cette nourriture semblait avoir été oubliée dans un placard depuis des décennies », assure Jasmine.

prison Jasmine Mooney

« Les néons nous éclairaient 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 », écrit-elle. Pour rappel, c’est une réelle technique de torture (torture blanche).

Mais, dans ce nouvel établissement, Jasmine a eu la chance d’avoir accès à une tablette permettant d’envoyer des mails. Elle a alors échangé avec l’extérieur, tout le monde tentait de la faire sortir de là, en vain. Sa meilleure amie, Brittany, s’est alliée avec un journaliste pour la faire sortir.

Jasmine Mooney temoignage instagram

De nombreuses femmes dans la même situation

« N’ayant rien d’autre à faire dans cette cellule que de parler, je me suis fait de nouvelles amies – des femmes qui avaient tout risqué pour avoir une chance d’avoir une vie meilleure pour elles et leurs familles. Grâce à elles, j’ai découvert la dure réalité de la demande d’asile« , raconte-t-elle.

« Me montrant leurs cicatrices, elles m’ont expliqué comment elles avaient payé des passeurs entre 20 000 et 60 000 dollars américains pour atteindre la frontière américaine, endurant des jungles impitoyables et des conditions épouvantables », lit-on.

temoignage Jasmine Mooney kidnappee

« Beaucoup de ces femmes étaient très instruites et parlaient plusieurs langues. Pourtant, on leur avait conseillé de faire semblant de ne pas parler anglais, car cela augmenterait soi-disant leurs chances d’obtenir l’asile », ajoute Jasmine. Elle a d’ailleurs rapporté avec elle des lettres de ces femmes.

Jasmine Mooney ice

« C’était comme si nous avions tous été kidnappés »

« C’était comme si nous avions tous été kidnappés, jetés dans une sorte d’expérience psychologique malsaine destinée à nous dépouiller de toute once de force et de dignité », assure la jeune femme dans son article.

Finalement, deux semaines plus tard, Brittany lui annonce que son histoire commence à faire parler sur le net et dans les médias. Elle a finalement été libérée.

l'Immigration and Customs Enforcement (ICE)

Dans son témoignage, Jasmine était détenue par l’ICE

Jasmine, comme beaucoup d’autres personnes, était enfermée par l’ICE, soit l’Immigration and Customs Enforcement.

« Après quelques recherches, la réalité est devenue évidente : la détention par l’ICE n’est pas seulement un cauchemar bureaucratique. C’est une véritable entreprise. Ces établissements sont privés et gérés à des fins lucratives« , écrit-elle dans le témoignage.

police ICE

« Des entreprises comme CoreCivic et GEO Group reçoivent des financements gouvernementaux en fonction du nombre de personnes détenues », assure la témoin.

D’après cet article, « la loi fédérale sur l’immigration autorise l’arrestation et la détention de la plupart des non-citoyens, y compris ceux qui demandent l’asile, ceux qui ont des antécédents d’arrestation et même certains résidents permanents de longue date ».

Jasmine Mooney instagram

Des cas d’abus dans les établissements de l’ICE

Mais, en faisant quelques recherches, de nombreux cas d’abus ont été détectés. « Les plaintes pour maltraitance sont nombreuses dans les centres de détention californiens. Ces établissements sont désormais sur le point de s’agrandir », titrait pourtant The Guardian récemment.

« Selon les données de l’agence, l’ICE détient actuellement plus de 39 000 personnes dans environ 110 centres à travers le pays », explique ce même article.

arrestation ICE

« La Californie a adopté une loi sur les États sanctuaires durant le premier mandat de Donald Trump afin de faire obstacle à son programme d’expulsion », expliquent les journalistes.

« Cette loi interdit à la police d’interroger les personnes sur leur citoyenneté et de détenir les résidents nés à l’étranger, et interdit le transfert de certains détenus aux services d’immigration », lit-on.

story instagram Jasmine Mooney

Il y a six centres du ICE : Mesa Verde (celui du témoignage), Golden State Annex, Adelanto et Desert View Annex, tous gérés par Geo Group, ainsi que le centre de détention Imperial Regional.

Geo Group est l’une des plus grande entreprise gestion de prisons. Créée en 1984 et dirigée par George Zoley, le société avait un chiffre d’affaires de 2,4 milliards de dollars en 2019.

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