« On va tenir le plus longtemps possible » : 1 Français sur 3 a peiné à payer ses factures d’énergie, 55% chez les moins de 35 ans

Radiateurs éteints, pull sur le dos, calendrier en tête : à Strasbourg, Hugo attend le plus tard possible pour se chauffer. Il n’est pas seul, loin de là. Le baromètre annuel du médiateur de l’énergie, publié mardi 3 novembre, dessine un pays qui serre les dents devant ses factures. Et un chiffre, tout en haut de l’étude, n’était plus tombé aussi haut depuis 2007.
Chez Hugo à Strasbourg, les radiateurs restent froids jusqu’à la mi-novembre
Fin octobre, les équipes de France Télévisions ont poussé la porte de son appartement. Tous les radiateurs sont éteints. Dehors, la température dépasse à peine 6 degrés la nuit.
Hugo est préparateur de commandes et payé au SMIC. Pour lui, chaque facture d’énergie est une épreuve. Il ne compte pas allumer son chauffage avant la mi-novembre.
Son calcul est simple : en retardant l’allumage, il espère économiser une cinquantaine d’euros. « Les radiateurs sont froids. On va essayer de tenir le plus longtemps possible », confiait-il au reportage.
Ce n’est pas seulement une question de portefeuille. « Ça pèse mentalement de se dire qu’on doit se restreindre à ce point, notamment en hiver, donc là on en a le plus besoin », regrette-t-il.
Son cas ressemble à celui de millions de foyers, si l’on en croit le baromètre. Les départements où l’on dépense le plus en chauffage racontent d’ailleurs une autre facette de cette pression, avec des écarts parfois spectaculaires d’un territoire à l’autre.
Mais combien de Français sont dans la situation d’Hugo ? La réponse tient en une fraction, et elle donne un petit vertige.
Un tiers des Français, et plus de la moitié des moins de 35 ans
Selon le baromètre du médiateur de l’énergie, un Français sur trois dit avoir eu du mal à payer ses factures de gaz ou d’électricité au cours des 12 derniers mois. Autrement dit, ce n’est plus un phénomène marginal. C’est une expérience partagée dans des millions de foyers.
L’enquête précise aussi qui trinque le plus. Chez les moins de 35 ans, la proportion grimpe à 55%. Plus d’un jeune sur deux a donc eu du mal à régler ses factures.
Cette tension se lit dans les comportements. Près de trois ménages sur quatre ont décidé de baisser leur chauffage l’hiver dernier pour réaliser des économies. Le thermomètre est devenu la première variable d’ajustement du budget.
Pour comprendre ce que représente cet effort, il suffit de regarder les villes où les habitants dépensent le plus en chauffage : la note peut y peser lourd, et la première de la liste n’est pas là où l’on pourrait le croire.
Reste un chiffre, celui qui résume le mieux l’état d’esprit des Français. Et c’est lui qui bat un record vieux de presque vingt ans.
86% des foyers disent que ces factures pèsent lourdement sur leur budget

Voici le chiffre. Selon la même étude, 86% des foyers interrogés déclarent que les factures d’énergie pèsent aujourd’hui lourdement sur leur budget. C’est son plus haut niveau depuis 2007.
Les Français se disent aussi de plus en plus préoccupés par ces dépenses. Le sujet n’est plus seulement une ligne sur un relevé : il occupe les têtes et conditionne des choix du quotidien.
Mis bout à bout, les chiffres racontent une chaîne simple. Des factures jugées lourdes, un tiers des foyers en difficulté, et des radiateurs baissés ou éteints pour limiter la casse. Le cas d’Hugo n’est que la version humaine de cette statistique.
Reste la question qui suit : peut-on encore alléger la note ? Certains dispositifs existent, et beaucoup de foyers passent à côté. Pour les repérer, jetez un œil à ces aides au chauffage que la plupart des foyers oublient de demander.
Le baromètre n’est cependant pas la seule actualité qui inquiète les ménages en ce moment.
Heures creuses, gaz au 1er décembre : les prochaines échéances qui inquiètent
Le contexte n’aide pas. Franceinfo évoque une possible nouvelle hausse des tarifs du gaz au 1er décembre, et des consommateurs inquiets alors qu’un Français sur trois dit déjà peiner à régler sa facture.
Autre changement à surveiller : la modification des heures creuses d’électricité, mise en place mercredi. Selon le média, de nouvelles heures creuses apparaissent à la mi-journée en fonction des saisons, ce qui peut changer le moment où l’on a intérêt à lancer ses appareils.
Pour se repérer dans ces évolutions, tout ce qui change pour votre budget à partir du 1er novembre permet de faire le point sans se perdre dans les détails.
Et pour garder la main sur la consommation, cette ligne de votre contrat à vérifier est un réflexe simple, avant que la prochaine facture n’arrive.
Le baromètre ne dit pas comment l’hiver va se passer. Il montre en revanche que les Français l’abordent déjà en mode économie, thermostat en main.
Ce qu’il faut surveiller dans les semaines à venir tient en peu de mots : la décision sur le gaz, l’effet des nouvelles heures creuses, et la capacité des ménages à tenir, comme Hugo, quelques jours de plus sans allumer.
Un tiers des Français comptent leurs degrés, et 86% sentent la facture peser. Voilà l’état du pays face à l’hiver. Et si vous voulez savoir quel geste évite 6,6% de hausse sur le gaz, la réponse se joue avant la fin du mois. Autre mystère de saison : pourquoi près d’un million de foyers ont subi des coupures de courant n’a rien d’évident.