Dans les comptes de Maëlle, contrôleuse de gestion à Tours à 2 480 € nets par mois
Maëlle a 34 ans, vit à Tours et passe ses journées à traquer les écarts dans les budgets des autres. Contrôleuse de gestion dans une entreprise de distribution, elle touche 2 480 € nets par mois. Ironie du sort, c’est dans ses propres comptes que se cache le poste qui l’agace le plus. Voici comment elle répartit chaque euro.
Un salaire correct, mais pas si confortable qu’il en a l’air
Le salaire net de Maëlle s’élève à 2 480 € par mois, versés sur douze mois. S’y ajoute une prime d’intéressement annuelle d’environ 1 200 €, soit 100 € lissés chaque mois. Elle n’a ni heures supplémentaires ni activité annexe, car son statut de cadre au forfait l’en prive.
Son total réel tourne donc autour de 2 580 € mensuels. Elle vit seule, sans enfant, et ne perçoit aucune aide. « Sur le papier, c’est un bon salaire pour Tours, reconnaît-elle. Dans les faits, je sens chaque mois où ça fuit. »
Le plus étonnant n’est pas ce qu’elle gagne. C’est ce qui disparaît avant même qu’elle ait le temps d’y toucher.

Ces 1 330 € qui partent avant le 10 du mois
Premier poste, sans surprise : le logement. Maëlle loue un deux-pièces de 48 m² près de la gare pour 690 € de loyer, charges comprises. Elle y ajoute 62 € d’électricité et 28 € d’assurance habitation, soit 780 € pour se loger.
Viennent ensuite les contraintes du quotidien. Elle possède une petite citadine, dont l’assurance coûte 54 € par mois et le stationnement en résidence 45 €. L’essence représente 90 €, car elle fait la navette jusqu’à une zone d’activités en périphérie.
Les abonnements complètent le tableau : 22 € de forfait mobile, 30 € de box internet, 17 € de streaming et 24 € de salle de sport qu’elle fréquente « une semaine sur trois ». Sa mutuelle d’entreprise lui coûte 38 €.
Reste l’impôt sur le revenu, prélevé à la source : 105 € par mois. Au total, ses dépenses fixes atteignent 1 285 € hors essence, soit un peu plus de la moitié de son salaire. Mais le vrai problème de Maëlle, elle le situe ailleurs.

Le poste que la contrôleuse de gestion n’arrive pas à contrôler
Ses courses alimentaires lui coûtent 280 € par mois, un montant raisonnable pour une personne seule. Elle ajoute 45 € de produits d’hygiène et d’entretien. Jusqu’ici, tout est maîtrisé.
Le dérapage vient des repas à l’extérieur. Déjeuners entre collègues, apéros du jeudi, brunchs du dimanche : elle y laisse 190 € par mois, soit presque autant que ses courses. « Je fais des tableaux de bord toute la journée, et je suis incapable de tenir celui-là », sourit-elle.
Le shopping plombe encore 85 € mensuels, surtout en vêtements et en livres. Les loisirs, eux, absorbent 60 € : cinéma, concerts, un abonnement à un théâtre local. Les cadeaux et petites dépenses imprévues grignotent 50 € de plus.
Reste un budget que beaucoup envient : les vacances. Maëlle met 150 € de côté chaque mois pour deux voyages par an, un en Europe et un week-end entre amis. Cette somme, elle ne la touche jamais.
Ce qu’il reste vraiment en fin de mois
Faisons le total. Entre les dépenses fixes (1 285 € plus 90 € d’essence), l’alimentation (325 €), les sorties et loisirs (190 € de restos, 85 € de shopping, 60 € de loisirs, 50 € d’imprévus) et les vacances (150 €), Maëlle dépense environ 2 235 € par mois.
Sur ses 2 580 € de revenus lissés, il lui reste donc 345 € à épargner. Elle les répartit entre un Livret A (200 €) et un plan d’épargne retraite (145 €), pour un total de 4 140 € épargnés sur l’année, hors intéressement.
Son matelas de sécurité atteint 9 800 €, soit un peu moins de quatre mois de salaire. Elle n’a aucun crédit en cours. Son projet : un apport pour acheter un petit appartement dans trois ou quatre ans, objectif qui la pousse à serrer la vis, avec un succès très relatif sur les restaurants.
Reste une question qu’elle se pose chaque mois en regardant son relevé : combien de temps tiendrait-elle, vraiment, si elle coupait le poste « sorties » ? La réponse la surprend à chaque fois.
Un salaire au-dessus de la moyenne, une vie sous contrôle (presque)
Avec 2 480 € nets, Maëlle se situe confortablement au-dessus du salaire médian français, estimé autour de 2 100 € nets par mois. Elle fait partie des salariés qui peuvent épargner régulièrement, ce qui n’est pas le cas de tous les ménages.
« Je gagne bien ma vie, mais je n’ai jamais l’impression d’être riche, confie-t-elle. Je sais exactement où part l’argent, et ça ne m’empêche pas de le dépenser. »
Envie de comparer avec un autre quotidien chiffré ? Voyez comment un agent immobilier de Nancy gère le même niveau de revenus, avec des charges très différentes.